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Analyse d’un projet de plateforme d’économie circulaire pour le BTP

Étude de cas

La REP sur les produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB) fixe des objectifs de réemploi de 4 % en 2027 et de 5 % en 2028. Dans une grande métropole française, le programme national de renouvellement urbain prévoit la démolition de milliers de logements, qui produira environ 330 000 tonnes de béton. Un groupement de bailleurs sociaux soutient un projet de plateforme d’économie circulaire du BTP, porté par six entreprises, qui doit trier, recycler et revendre ces matériaux.

Les plateformes de recyclage sont presque toujours installées en périphérie des villes. Une plateforme urbaine et multi-matériaux est donc un modèle sans retour d’expérience : sa valeur ajoutée et ses conditions de réussite restaient à établir.

GATE C a comparé le projet aux cinq modèles de plateformes de gestion des déchets de construction déjà présents sur le marché. Chaque modèle se distingue par les services qu’il couvre :

  • le centre de recyclage, qui stocke, trie et recycle un seul matériau ;
  • la plateforme multiservice urbaine, qui offre stockage, tri et recyclage multi-matériaux aux chantiers de construction et de déconstruction, sans préparation au réemploi ;
  • la plateforme de réemploi, qui stocke, trie et prépare des matériaux au réemploi, sans les recycler ;
  • la plateforme digitale de réemploi, qui met en relation vendeurs et acheteurs de matériaux de réemploi, sans stockage ni traitement physique ;
  • le service de gestion de la déconstruction, qui audite, organise et planifie les chantiers de déconstruction en amont.
Plateforme d'économie circulaire pour le BTP

Aucun de ces modèles ne réunit stockage, tri, recyclage et préparation au réemploi. La plateforme d’économie circulaire étudiée est la seule à le faire pour tous les matériaux du BTP. Son implantation en ville ajoute un avantage de coût. Les déchets de construction sont rarement transportés par la route au-delà de 35 km, et le coût des matériaux pondéreux augmente avec la distance de livraison. Une plateforme urbaine réduit donc ce coût dans les deux sens : du chantier de démolition vers la plateforme, puis de la plateforme vers le chantier de construction.

  • Une cartographie des cinq modèles de plateformes existants : pour chacun, les services couverts, ce qui situe le projet dans l’offre de gestion des déchets de construction.
  • Un positionnement distinctif : la plateforme est la seule à réunir stockage, tri, recyclage et préparation au réemploi pour tous les matériaux.
  • Une offre adaptée à deux types de clients : les démolisseurs disposent d’un exutoire unique pour le gros œuvre et le second œuvre, et les constructeurs trouvent collecte des déchets et achat de matériaux sur un même site.
  • Un avantage de coût lié à l’implantation urbaine : il porte à la fois sur le transport des déchets et sur la livraison des matériaux recyclés.
  • Trois conditions de réussite : des gisements de déchets au-delà du programme de renouvellement urbain, une gouvernance adaptée à un groupement de six entreprises, et la prescription de matériaux recyclés par les donneurs d’ordre.
  • Trois axes de développement, appuyés sur les compétences du groupement : l’assistance à la déconstruction sélective, la production d’un granulat recyclé de qualité suffisante pour le béton, et le déploiement du modèle dans d’autres métropoles.