Référentiel d’emballages durables pour Uber Eats en France
Étude de cas
Contexte
Uber s’est engagé publiquement à faire passer ses restaurants partenaires à des emballages durables, avec un premier jalon fixé à 2025. Mais ce qui est « durable » varie d’un marché à l’autre : réglementation, infrastructures de tri et de compostage, disponibilité des matériaux diffèrent selon les pays.
En France, Uber Eats ne disposait d’aucun référentiel capable de dire, matériau par matériau, ce qui pouvait légitimement être qualifié de durable au regard du droit français et des filières de recyclage réellement opérationnelles sur le terrain. Sans ce référentiel, Uber Eats ne pouvait ni collecter de données fiables sur les emballages de ses commerçants, ni les orienter vers de meilleures alternatives, ni rendre compte publiquement de ses progrès sur l’un de ses marchés prioritaires.
Notre approche
GATE C a construit un référentiel de durabilité en neuf critères (interdiction légale, nécessité, substances à impact, recyclabilité, compostabilité, réemployabilité, contenu recyclé, contenu renouvelable, impact environnemental réduit), fondé directement sur le droit français (loi AGEC, loi Climat et résilience, loi EGalim) et sur les méthodologies techniques de référence, notamment celle de CITEO et son outil TREE. Chaque combinaison matériau et revêtement utilisée dans les emballages de livraison, plus d’une vingtaine au total (PET, PE, PP, aluminium, papier, bagasse), a été évaluée au regard des cinq critères légaux de recyclabilité.

Le référentiel a ensuite été appliqué à plus d’une vingtaine d’emballages de livraison réels, du sac plastique à usage unique au bol en bagasse, en passant par les barquettes à sushis en PET noir. L’analyse a mis en évidence un résultat contre-intuitif : la couleur change le verdict de recyclabilité d’un plastique. Un PET ou un PE transparent est recyclable à 100 %, mais sa version foncée ou opaque échappe à la détection en centre de tri et devient non recyclable, alors qu’il s’agit du même polymère. À l’inverse, les plastiques biosourcés et compostables, souvent perçus comme l’option la plus vertueuse, ont été exclus de la définition de « durable », faute de filières de compostage industriel opérationnelles à grande échelle en France.
Resultats
Neuf critères de durabilité définis et documentés, chacun adossé à un texte de loi ou à une méthodologie technique reconnue
Plus de 20 combinaisons matériau et revêtement évaluées au regard des cinq critères légaux de recyclabilité (existence d’une filière, tri, recyclage, taux de contenu recyclé)
Plus de 20 emballages de livraison réels testés, du sac plastique au bol en bagasse
Trois méthodes de vérification recommandées aux commerçants et à Uber Eats pour étayer leurs allégations : la méthodologie de CITEO, l’outil TREE et la fiche d’information produit prévue par le décret sur les qualités et caractéristiques environnementales
Le référentiel a été publié par Uber comme son propre guide des emballages durables pour la France. Il sert désormais de base aux commerçants comme aux équipes internes d’Uber Eats pour évaluer et faire évoluer leurs emballages.
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